vendredi 2 octobre 2026

Vingt fois

Tant de fois j'ai dit que j'allais reprendre ce blog... Mais il faut le faire! Sinon, les années passent, aucune trace ne reste, rien. 

Et encore, laisser des traces pour les autres n'a pas beaucoup d'importance à mes yeux, who cares? Le vrai besoin, l'angoisse, c'est de ne pas laisser de traces pour moi: je regarde les photos d'il y a quinze ans, et je ne me reconnais pas, je ne comprends pas mes choix, ni ma vie d'alors qui dicte pourtant ma vie d'aujourd'hui. 

Comment font les autres? Ils se laissent glisser dans l'existence, toujours sûrs d'eux-mêmes et en accusant les circonstances extérieures de leurs éventuels échecs - ou en tout cas c'est l'impression que la plupart donnent. Mais moi, j'étais largement maître de mon destin, je pouvais choisir. Assoupi dans une vie confortable, j'ai au contraire fait le "choix" de ne rien choisir, j'ai procédé par abandons successifs - par crainte de l'échec, du ridicule ou de la solitude - jusqu'à ne plus savoir qui je suis, jusqu'à entrer dans une vie mécanique (qui fait juste passer le temps comme l'aiguille tourne dans l'horloge, sans aucune considération pour la joie, pour le sentiment ou pour la beauté), jusqu'à être devenu un autre comme les autres.

C'est pour cela qu'il faut recommencer, qu'il faut trouver et donner le temps de s'arrêter sur soi-même et sur ce qui nous entoure, de se surprendre entre le néant brumeux du passé et les orages noirs du futur.